Nos 12 priorités pour l’Alsace

Posté par auplaisirdesyeux le 6 février 2010

Pour l’avenir de nos emplois, bâtissons une économie locale, moderne et durable

1. Créons une banque publique régionale d’investissement du développement durable

Cette banque dont la région sera actionnaire servira à financer les actions d’économie d’énergie menées par les alsaciens, à soutenir les entrepreneurs qui prennent des risques pour le futur, à accorder des prêts aux entreprises en difficulté mais qui sont viables.

2.    Développons les emplois non délocalisables

Concentrons les subventions de la région sur les réussites tangibles des PME PMI innovantes. Renforçons les réseaux dans nos pôles de compétitivité (véhicule du futur, innovations médicales, fibre, etc.) et dans la filière bois. Accompagnons mieux et plus de jeunes vers la reprise d’entreprises et les métiers de l’artisanat typique à l’Alsace. Ayons le courage de créer des produits touristiques modernes pour attirer davantage de visiteurs en Alsace.

3.    Généralisons le bilinguisme et la coopération transfrontalière

Les jeunes alsaciens doivent pouvoir être embauchés dans les entreprises badoises et suisses : il faut réorienter les formations payées par la Région vers ces emplois, il faut assurer la continuité de l’enseignement bilingue français-hochdeutsch sur tout le cursus scolaire. A l’heure européenne, le Rhin supérieur est un espace cohérent qui doit permettre aux entreprises de part et d’autres du Rhin de travailler en réseau.

4.    Favorisons les circuits courts dans les filières agricoles et alimentaires

Sensibilisons mieux les alsaciens à la richesse de nos productions locales (fruits, légumes, produits laitiers, viandes) en créant un site internet dédié, en soutenant la diversification agricole, en développant la vente directe aux particuliers, notamment par la multiplication de marchés couverts. Pérennisons le commerce de proximité et de taille humaine.

5. Le bâtiment vit une révolution : créons une vraie filière de l’éco-construction

De nouvelles techniques, de nouveaux matériaux doivent être utilisés pour améliorer l’efficacité énergétique de nos logements : soutenons la recherche avec un institut universitaire dédié, soutenons les industries qui produiront localement ces matériaux plus écologiques, aidons tous les acteurs de la filière - des ingénieurs aux artisans - à mieux se former, créons un village modèle, lieu de démonstration, d’apprentissage et d’expérimentation.

Pour un cadre de vie plus beau, plus sain, agissons maintenant !

6.    Stoppons l’étalement urbain, pour valoriser nos paysages et nos ressources naturelles

Nos villes s’étalent sans limite le long des routes, les terres arables et les zones humides disparaissent de façon inquiétante, des constructions moches gâchent nos paysages. Halte ! La région ne doit contribuer qu’au développement rationnel des villes et villages en agissant sur les documents d’urbanisme, la destination des terres et les subventions.

7.    Organisons mieux les transports en Alsace

Il n’y a pas de schéma d’aménagement du territoire alsacien. Les projets comme le GCO (grand contournement Ouest de Strasbourg) sont illogiques et nocifs, les aéroports de la vallée rhénane ne sont pas coordonnés et raccordés correctement aux grandes villes. Il faut remettre de l’ordre ! Réfléchissons à l’échelle du Rhin Supérieur, créons un schéma régional et une seule autorité alsacienne pour coordonner les transports publics.
Soutenons les solutions de transport en commun et partagé (co-voiturage). Développons l’inter modalité et le réseau TER en écoutant l’avis des usagers. Programmons sans tarder la réouverture de lignes non exploitées. Associons tous les acteurs pour trouver une solution efficace au fret ferroviaire et fluvial (canal Rhin-Rhône). Taxons les poids-lourds le plus tôt possible.

8.    Agissons localement contre les déchets et la dégradation de l’environnement

Nos poubelles débordent, nos factures d’ordures ménagères flambent, les énergies fossiles et nucléaires sont gaspillées. Créons dans toute l’Alsace des petites unités de méthanisation des déchets verts qui produiront à la fois de l’énergie et du compost pour nos jardins et nos champs.

9.    Donnons de l’ampleur au développement des énergies renouvelables.

Nous favoriserons, via la banque d’investissement publique, des micro-crédits favorisant l’efficacité énergétique (achat d’électroménager a++). Nous appuierons la création de coopératives ou d’entreprises permettant à des particuliers, des entreprises, des agriculteurs ou des communes de mutualiser leurs investissements dans les énergies renouvelables locales (photovoltaïque, micro hydroélectrique, chaufferies bois, méthanisation). Imposons le 1er démantèlement d’une centrale nucléaire à Fessenheim. Créons des coopératives pour la production d’électricité solaire.

Pour que les Alsaciens et les Alsaciennes soient fiers de leur Région

Dass die Elsässer und Elsässerinen stolz auf ihren Heimat sein !

10.    Oui au Parlement d’Alsace

Oui à la fusion immédiate des Départements et de la Région. Ayons plus de poids face à Paris, exigeons un pouvoir normatif pour mieux régler les situations locales. Ce choix d’efficacité sera soumis à référendum et nous proposerons de rapprocher ce Parlement d’Alsace et son administration, des citoyens et des communes à l’échelle des 10 pays existants.

11.    Halte aux €uros mal dépensés

La dette publique enfle, le saupoudrage qui contente tout le monde ne produit pas les effets escomptés. Nous renverserons la logique des subventions, en conditionnant les aides à des objectifs clairs et à des résultats tangibles. Les politiques menées seront évaluées par une agence indépendante qui rendra public chaque année son rapport.

12.    Pour une culture alsacienne attrayante populaire et moderne !

Nous proposerons l’enseignement de l’alsacien à l’école maternelle. Nous créerons un festival de musique à l’échelle du Rhin supérieur qui présentera au plus grand nombre, la diversité de la scène musicale. Nous soutiendrons la création artistique régionale contemporaine. Nous voulons sauver l’Ecomusée d’Alsace qui est en danger car absorbé par le bioscope, en lui assurant un nouveau développement autonome.

Nos 12 priorités en pdf

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Texte de Djemila Benhabib, lu devant les sénateurs au palais du Luxembourg à Paris

Posté par auplaisirdesyeux le 5 février 2010

 

Texte de Djemila Benhabib,

lu devant les sénateurs au palais du Luxembourg à Paris fin novembre 2009

MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL

Par Djemila Benhabib,

Auteur d'un ouvrage critique

“Mesdames les sénatrices, Mesdames les présidentes, Mesdames et messieurs les dignitaires,

Chers amis,

Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites, aujourd'hui, de me consacrer parmi les Femmes debout et de permettre à ma voix, celle d'une femme de culture musulmane féministe et laïque de résonner dans cette prestigieuse institution de la République.

Merci à vous, mes amies de Femmes solidaires et de la Ligue du droit international des femmes pour votre travail acharné, permanent et indispensable que ce soit dans les quartiers, auprès des femmes victimes de violences et discriminations, des sans papiers ou encore au sein des politiques et des instances onusiennes. C'est dire que c'est ici, localement que prend racine le travail pour les droits des femmes pour se répercuter à l'échelle internationale. C'est dire aussi que la Marche des femmes pour la liberté et l'égalité est une et indivisible. Lorsqu'une femme souffre dans un quelconque endroit de la planète, c'est notre affaire à toutes et à tous. Merci de nous faire sentir de mille façons que nous sommes les maillons d'une même chaîne.

Voilà encore quelques années, je n'aurais jamais imaginé que ma vie de femme, que ma vie de militante serait si intimement liée au féminisme et à la laïcité.

Je vous surprendrai peut-être en vous avouant que je ne suis pas devenue féministe en tournant les pages du /Deuxième Sexe/, ni en me plongeant dans ce magnifique roman d'Aragon /Les Cloches de Bâle/, où il était question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa Luxembourg, deux figures de proue du féminisme et de la paix dans le monde.

Je ne suis pas devenue laïque en m'abreuvant de Spinoza, de Ibn Al-Arabi, de Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de Voltaire, mon maître. Absolument pas.

J'aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre dans cette enfance si heureuse que j'ai eue dans une famille généreuse, cultivée, ouverte sur le monde et sur les autres, profondément engagée pour la démocratie et la justice sociale.

J'aurais pu m'égarer dans la beauté de cette ville qu'est Oran où il faisait si bon vivre au bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la carrière littéraire d'Albert Camus, avec son célèbre roman /La peste/, jusqu'au Nobel de littérature. J'aurais pu ne rien voir, ne rien entendre des brimades, du mépris, des humiliations et des violences qu'on déversait sur les femmes.

J'ai choisi de voir et d'écouter d'abord avec mes yeux et mes oreilles d'enfant. Plus tard, j'ai choisi de dire les aspirations de toutes ces femmes qui ont marqué ma vie pour que plus jamais, plus aucune femme dans le monde, n'ait honte d'être femme. Pour vous dire vrai, à l'enfance et surtout à l'adolescence, je n'ai jamais rêvé de mariage, de prince charmant, de robe longue, de grande maison, d'enfants et de famille. Les quelques mariages auxquels j'avais assisté, en Algérie, me faisaient sentir que la femme était un objet bien plus qu'un sujet. Inutile de vous préciser que ma perspective était ultra-minoritaire, car les femmes sont formatées à devenir des épouses puis des mères dès l'enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six, peut-être sept ans tout au plus, lorsqu'on me somma de rejoindre ma grand-mère dans la cuisine, car ma place naturelle était à mi-distance entre les fourneaux et la buanderie, de façon à pouvoir faire éclater mes talents de cuisinière et de ménagère le moment venu.

En 1984, l 'Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia islamique. J'ai 12 ans à cette époque.

Brièvement, ce code exige de l'épouse d'obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale, permet à l'époux de corriger sa femme et en matière d'héritage comme de témoignage, l'inégalité est érigée en système puisque la voix de deux femmes équivaut à celle d'un homme tout comme les parts d'héritage.

Question : L'Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ?

Réponse : Je vous la donnerai pendant le débat tout à l'heure si vous le souhaitez.

Pour ce qui est de la laïcité, j'ai compris sa nécessité lorsque, au tout début des années 1990, le Front islamique du salut (FIS) a mis à genoux mon pays l'Algérie par le feu et par le sang en assassinant des milliers d'Algériens. Aujourd'hui, on est forcé de constater que les choses n'ont pas tellement changé.

Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler, fouetter et lapider.

Au nom de quoi ?

De la religion, de l'islam en l'occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos sœurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l'un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad.

Je pense à *Neda*, cette jeune Iranienne assassinée à l'âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de sa bouche.

Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui s'est battue pour obtenir le droit de divorcer, et qui l'a obtenu.

Je pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le gouvernement de Khartoum l'été dernier à cause de sa tenue vestimentaire.

La pire condition féminine dans le globe, c'est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C'est un fait et nous devons le reconnaître. C'est cela notre première solidarité à l'égard de toutes celles qui défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre l'inverse ? Les islamistes et leurs complices ? Certainement. Mais pas seulement !

*Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu'au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l'autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons l'égalité des sexes et la laïcité. C'est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République.*

Sachez qu'il n'y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine à accepter le triomphe de l'idiot, du sot et du lâche, surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcuté sans que ma chair en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet ou l'aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame rouillée sur ma gorge. Et si c'était le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui m'a vu grandir.

L'islamisme politique n'est pas l'expression d'une spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C'est une affaire politique, une menace collective qui s'attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d'une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe.

Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s'est installée au cœur même de nos villes.

Au Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques.

En Grande-Bretagne c'est déjà la norme dans plusieurs communautés. D'un bout à l'autre de la planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient même une alternative acceptable aux yeux de certains car c'est tout de même mieux que la burqa!

Que dire de la démission des démocraties occidentales sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble et de la citoyenneté tels que la défense de l'école publique, des services publics et de la neutralité de l'État ?

Que dire des reculs en matière d'accessibilité à l'avortement ici même en France ?

Tout ça pour dire qu'il est toujours possible de faire avancer les sociétés grâce à notre courage, notre détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les seuls chemins de l'émancipation humaine, je n'en connais pas d'autres.

Cette merveilleuse page d'histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que subir n'est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c'est se donner le droit de choisir sa destinée. C'est cela pour moi le féminisme. Une destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C'est ainsi que j'ai donné un sens à ma vie en liant mon destin de femme à tous ceux qui rêvent d'égalité et de laïcité comme fondement même de la démocratie.

L'histoire regorge d'exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n'y  plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une aversion profonde à l'égard des intégrismes quels qu'ils soient, car je suis une amoureuse de la vie.

Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de la cité, nous ne sommes plus dans l'espace du possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la Raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer l'espace public de l'espace privé en réaffirmant la  neutralité de l'État me semble indispensable, car seule la laïcité permet de se doter d'un espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée de la cité. Avant de conclure, permettez-moi de partager avec vous une lettre destinée à un de vos élus.

J'ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d'être perçue comme celle venue d'ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n'ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu'elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s'il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n'aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu'il s'agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l'essentiel.

L'essentiel étant : la liberté, l'égalité et l'émancipation des femmes. J'entends encore des copines françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique film d'Almodovar : Parle avec elle, où dès les premiers instants, le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d'une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la violence exercée à l'encontre des femmes.

Monsieur Gérin, c'est à vous que je m'adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j'ai connue le 25 mars 1994 alors que j'habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j'ai marché la tête nue ainsi que des millions d'autres Algériennes. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée planait sur nos têtes nues. Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j'ai une aversion profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd'hui vous êtes à la tête d'une commission parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France.

En mars dernier, je publiais au Québec, un livre intitulé : Ma vie à contre-Coran: une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu'est devenue ma vie en termes d'engagements politiques en écrivant ceci : « J'ai vécu les prémisses d'une dictature islamiste. C'était au début des années 1990. Je n'avais pas encore 18 ans. J'étais coupable d'être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car je ne peux me résoudre à voir l'islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves. Il fut un temps où on s'interrogeait en France sur le port du voile islamique à l'école. Aujourd'hui, il est question de voile intégral. Au lieu d'élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, peut-être c'est la polygamie qui sera à l'ordre du jour. Ne riez pas. Cela s'est produit au Canada et il a fallu que les cours (de justice) s'en mêlent. Car après tout la culture à bon dos lorsqu'il s'agit d'opprimer les femmes. Ironie du sort, j'ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C'est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film : La Journée de la jupe. Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République française, le voile est devenu la norme.

Que se passe-t-il ?

La France est-elle devenue malade ?

Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l'identité collective musulmane ». Or, il n'en est rien. Il est l'emblème de l'intégrisme musulman partout dans le monde. S'il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l'avènement de la révolution islamique en Iran en 1979.

Que l'on ne s'y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur corps, de leur liberté et de leur sexualité.

Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j'essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j'ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu'à mon entrée au lycée, c'est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À l'école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.

Voilà 12 ans que j'habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d'immatriculation des voitures est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Quelle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C'est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, tous les regards sont tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.

Pour notre part au Québec, on se souvient qu'en 1961, pour la première fois dans l'histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l'Assemblée législative lors d'une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l'Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C'est le scandale. Un journal titre : « Une femme nu-tête à l'Assemblée législative ! » Elle résiste et obtient gain de cause.

Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu'ils sont le résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de femmes et d'hommes épris de liberté et de justice. J'ose espérer, monsieur Gérin, que la commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.

A vous chers amis, s'il y a une chose, une seule, que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c'est la suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l'extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses, plus encore nous avons la responsabilité historique de faire avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte, responsables de notre avenir et de celui de nos enfants.

Car il prendra la direction que nous lui donnerons.

Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde. Par nos gestes, par nos actions et par notre mobilisation.

Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d'un pays à l'autre au-delà des frontières. L'avenir nous appartient. La femme est l'avenir de l'homme disait Aragon. S'agissant d'homme, je veux en saluer un présent aujourd'hui, c'est mon père à qui je dois tout.

Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir :

«On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela résonne chez les autres. »

J'ose espérer que mon cri  aura un écho parmi vous.”

 *Djemila Benhabib*

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France 3-Samedi 6 février à 11h30. Odile Uhlrich-Mallet participera à l’émission La Voix est libre.

Posté par auplaisirdesyeux le 4 février 2010

Odile Uhlrich-Mallet participera à l’émission “La voix est libre” sur France 3 Alsace Samedi 6 février à 11h30.
“Le bilinguisme est-il en déclin?”

Que ce soit pour l’alsacien ou l’allemand, la pratique bilingue en Alsace semble être en déclin. Pour changer la tendance, faut-il une politique de soutien plus volontaire au bilinguisme, généraliser l’offre d’enseignement bilingue ?

Nos invités nous donneront le point de vue des formations politiques pour lesquelles ils s’engagent dans cette campagne.

Invités :

Justin Vogel, liste UMP

Antoine Homé, liste PS

Odile Ulrich-Mallet, liste MODEM

Martine Binder, liste FN

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Présentation de la liste Alsace Démocrate

Posté par auplaisirdesyeux le 4 février 2010

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Discours de Yann Wehrling pour le lancement de la campagne des régionales

Posté par auplaisirdesyeux le 30 janvier 2010

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Retraites : un changement de système paraît exclu dans l’immédiat

Posté par auplaisirdesyeux le 30 janvier 2010

Changer notre système des retraites ? Pourquoi pas, mais le processus serait long. En outre, il ne résoudrait pas le problème de financement du régime d'Assurance vieillesse, qui accusera 10,7 milliards d'euros de déficit en 2010, indique le Conseil d'orientation des retraites (COR) dans un rapport qu'il remet jeudi 28 janvier aux parlementaires.

 

Le rapport doit éclairer les choix qui seront faits d'ici à la fin de l'année, dans le cadre de la réforme des retraites annoncée par Nicolas Sarkozy.

Trois types de régimes ont été étudiés : par annuités (basé surtout sur la durée de cotisation), comme le fait le régime actuel; par points (achetés individuellement et payés en fin de carrière, selon une valeur du point ajustable), comme le font les régimes de retraite complémentaire; par comptes notionnels, comme en Suède. Dans ce système individuel, le salarié accumule un capital virtuel qui lui sera reversé sous forme de rente au moment de la retraite, selon divers paramètres.

Si un changement de système est “techniquement possible”, indique le rapport, il ne réglerait pas le problème du déficit actuel. “Quelle que soit la technique utilisée (annuités, points ou comptes notionnels), le retour à l'équilibre repose sur les trois leviers que le COR a régulièrement mis en évidence : le niveau des ressources, le niveau des pensions et l'âge moyen effectif de départ à la retraite.”

A l'issue de dix heures de réunion, mercredi, les membres du COR, où siègent notamment les syndicats et le patronat, n'ont pas indiqué de préférence. Dénonçant la complexité du système actuel, la CFDT est favorable à une réforme “systémique”. Elle regrette “l'absence de lisibilité pour le salarié”, qui ne sait pas ce à quoi il aura droit à l'heure de la retraite.

Mais, esseulée sur sa position, elle reste prudente. “La CFDT ne dit pas qu'il faut adopter les comptes notionnels, mais qu'il faut les étudier”, indique Jean-Louis Malys, secrétaire national en charge du dossier. Et de préciser que c'est lors de son congrès, début juin, que l'organisation arrêtera sa position.

MOBILISATION EN FÉVRIER

Il est peu probable que le gouvernement s'engage dans une réforme globale bouleversant le système. M. Sarkozy a précisé, lundi 25 janvier lors de son passage sur TF1, le cadre de la future réforme : “Je garantirai la pérennité du système, et je ne changerai pas le régime par répartition pour un régime où chacun épargnerait de son côté.”

Le chef de l'Etat a aussi exclu de toucher au niveau des pensions, insistant fortement sur le paramètre de la durée du travail – ce dernier reposant sur la durée de cotisation et/ou sur l'âge légal de départ à la retraite.

Pour discuter de ces différents éléments, les partenaires sociaux et le gouvernement attendent le prochain rapport du COR sur les prévisions financières, qui sera livré en avril, après les élections régionales. C'est à ce moment-là que les discussions sérieuses commenceront.

D'ici là, la CGT a annoncé une mobilisation sur les retraites du 15 au 19 février. La centrale syndicale de Bernard Thibault refuse l'allongement de la durée de cotisation ainsi que la remise en cause de l'âge légal de 6O ans. Elle demande un élargissement de l'assiette des cotisations, et n'exclut pas un relèvement des cotisations.

 

Rémi Barroux

Article paru dans l'édition du 29.01.10 du Monde

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Voeux pour l’année 2010

Posté par auplaisirdesyeux le 23 janvier 2010

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à vous souhaiter au nom du Bureau et du Comité de la 5ème Section Pays de la Région mulhousienne une bonne année 2010 et tous mes voeux de réussite dans vos projets personnels et professionnels.

Le début de cette année est malheureusement marqué par cette tragédie qui a touché Haïti.

Le Mouvement Démocrate s'est associé aux efforts pour aider ce pays et, tout naturellement, encourage à participer selon vos moyens au redressement d'Haïti et à l'aide de première urgence en cliquant sur les liens suivants:

medecins- sans-frontieres  http://www.msf.fr

Secours-catholique http://www.secours-catholique.org

medecins-du-monde http://www.medecinsdumonde.org

crf  http://www.croix-rouge.fr

fondation-de-france www.fondationdefrance.org

NPH http://www.nphfrance.org

Cette année 2010 est une étape importante pour notre mouvement, pour l'Alsace et pour notre section. 

Tout d'abord, les élections régionales de mars 2010 vont nécessiter l'effort et la mobilisation de tous de manière à affirmer le caractère indépendant du Mouvement Démocrate. 

Nous nous présenterons de manière autonome en Alsace au premier tour derrière Yann Wehrling et Odile Uhlrich-Mallet, avec notre projet humaniste pour l'Alsace amendé et approuvé par les adhérents du MoDem Alsace lors de la Conférence régionale qui s'est tenue à Châtenois le 9 janvier dernier.

Mulhouse et son agglomération seront, je n'en doute pas, dignement représentés sur la liste du MoDem. Mulhouse, 2ème Ville d'Alsace, et son agglomération étant le deuxième bassin économique de notre région.

Suite au départ de Xavier Paillocher, à qui je tiens à rendre hommage pour le travail accompli, une nouvelle élection du responsable de section aura lieu au mois d'avril après les élections régionales .

Le nouveau responsable aura pour mission d'animer la section pour l'élection cantonale du canton de Habsheim en 2011 et l'élection présidentielle de 2012, étape cruciale pour notre président François Bayrou qui est, et je n'ai pas honte de le dire, la seule alternative crédible à Nicolas Sarkozy.

Il aura aussi pour mission d'assurer une démarche constructive face à une municipalité mulhousienne en échec. Echec commercial, échec scolaire, échec économique, échec dans le domaine de la sécurité. 

Les espoirs de dynamisme pour ressusciter la ville centre portés sur la grande agglomération, MAA, soutenue par le MoDem, semblent compromis par les absences ministérielles de son président et la pléthore de ses vice-présidents, une quinzaine. L'usine à gaz est en route, je le crains, mais laissons-lui sa chance.

Enfin, il devra rechercher le lien social et humain en soutenant tout ce qui peut le renforcer et rejeter tout ce qui peut le diviser comme cet ignoble débat sur l'identité nationale.

Les temps sont rudes pour le Mouvement Démocrate à qui rien n'est épargné. Cible de toutes les inquiétudes et de toutes les convoitises, les attaques ne manquent pas venant du camp de l'adversaire UMP et de ses amis, notamment dans le Bas-Rhin.

Voilà pourquoi je vous demande de serrer les rangs derrière Yann Wehrling et Odile Uhlrich-Mallet pour que nous ayons les résultats que mérite aux régionales le seul vrai centre indépendant et démocrate en Alsace.

Que notre famille politique retrouve la place qu'elle mérite et qu'elle avait dans notre région il n'y a pas si longtemps que ça.

E glëckliches und güets nëies johr,

Régis Baschung

Vice-président du Mouvement Démocrate du Haut-Rhin

Responsable par intérim de la 5ème Section Pays de la Région mulhousienne

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Voeux 2010 : François Bayrou appelle à “une autre politique”

Posté par auplaisirdesyeux le 16 janvier 2010

Discours prononcé par François Bayrou à l'occasion de la présentation de ses voeux à la presse 13 janvier 2010

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Interview de la semaine : Yann Wehrling souhaite que la “taxe carbone soit utile pour des alternatives nécessaires” en matière d’économie d’énergie

Posté par auplaisirdesyeux le 7 janvier 2010

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Voeux de François Bayrou pour l’année 2010 : penser aux générations futures

Posté par auplaisirdesyeux le 1 janvier 2010

François Bayrou adresse ses voeux aux Français pour l'année 2010. Il fait le voeu pour 2010 que les responsables politiques prennent leurs décisions en ayant moins le nez sur l'actualité immédiate mais en pensant aux générations futures. Il explique vouloir aller “droit à l'essentiel” en s'adressant à “ceux dont on ne parle jamais”, “aux plus jeunes, aux enfants”.

“La plupart des décisions que l'on prend, on les prend pour l'actualité pour l'immédiat, on les prend quelquefois pour le journal de 20H du jour même. Et il me semble qu'il faut former le voeu que ces décisions, on les prenne en pensant à l'avenir, en pensant aux plus jeunes, en pensant aux générations, comme on dit, qui viennent”, dit-il.

François Bayrou lance également dans son message un appel à “la solidarité”, “la vertu la plus importante”, selon lui. Il faut “se serrer les coudes quand les choses vont mal”, “s'entraider”, “lutter contre la solitude” mais aussi “se rassembler lorsque les choses vont bien et même quand elle paraissent pouvoir aller très bien”, dit-il.

Enfin, il appelle “les citoyens” à retrouver et reconquérir “l'optimisme”, à combattre “la résignation”. “On a le sentiment qu'on ne plus rien faire devant le monde comme il va, qu'on n'a au fond plus de recours”.

“Tout le monde voit bien. L'égalité des chances disparaît: je pense à l'enseignement. L'emploi disparaît: je pense à l'industrie, à toutes les industries françaises. Je pense aux agriculteurs, aux paysans qui sont désespérés pour beaucoup d'entre eux”, explique François Bayrou. “Une autre politique est possible”, assure-t-il en plaidant pour faire de la France et de l'Europe “un môle de résistance au monde tel qu'il va”, “un pilier de résistance à la globalisation”.

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